Nouvelles du Gazihstan

Alexa Brunet

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“Aujourd hui, au Gazhistan l’eau potable se raréfie, les animaux sauvages disparaissent, l’air devient irrespirable, les maladies nous rongent, les sols pollués ne nous nourrissent plus, on nous exproprie, il est temps de partir, mais vers où? Comment photographier ce qui n’est pas encore arrivé ? tel est le redoutable problème que pose l’irruption sur la place publique de la question de l’exploitation du gaz et de l’huile de schiste sur les territoires ou nous vivons. On peut choisir de documenter le mouvement citoyen d’opposition à cette nouvelle aventure industrielle et tirer le portrait de ceux qui participent aux manifestations et aux réunions publiques. Banderoles, cortèges, prises de parole tout cela est certes passionnant mais ne permet pas de rendre visibles les dangers qui nous menacent au cas où la France suivrait l’exemple des Etats-Unis et de ses 500 000 forages. L’option qui a été choisie consiste à photographier des mises en scene qu’on peut qualifier de fictions au premier coup d’oeil, mais l’on sent bien que la réalité n’est pas loin derriere l’apparence. De ce point de vue, les déjà célèbres images du film Gasland de Josh Fox ou l’on voit l’eau s’enflammer à la sortie d’un robinet, balayent les doutes que l’on pourrait avoir sur l’intérêt de cette démarche : la réalité peut effectivement dépasser la fiction. Ce travail photographique se situe dans cet entre-deux où tout devient possible.”

Patrick Herman

EN

News from Gazhistan

“Today in Gazhistan, drinking water is scarce, wild animals are disappearing, the air is becoming hard to breathe, illnesses are gnawing away at us, polluted soils no longer feed us, we are evicted, it’s time to leave, but where for?” How can something that hasn’t happened yet be photographed? This is the formidable problem that the irruption on the public market place of the gas and shale oil question poses on the land we live on. An option would be to document the citizens’ opposition movement to this new industrial adventure and draw up a portrait of those taking part in the demonstrations and public meetings. Banners, processions, speeches are certainly all fascinating but don’t show the potential dangers that threaten us in the event that France follows the United States’ example with its 500,000 drill holes. The option chosen was to take staged photographs that can be seen as fiction at first glance, but in which one can sense that reality is not far behind the surface. From this point of view, the already famous images from Josh Fox’s film “Gasland”, where water is seen catching fire straight from the tap, sweep aside any doubts about this approach : reality is effectively overtaking fiction. This photographic work lies somewhere in between where everything is possible.”

Patrick Herman